L’histoire de la Martinique

En termes d’histoire, la Martinique est jeune. L’abolition de l’esclavage en 1848 a donné naissance à la société connue aujourd’hui. C’est pourquoi la présence de l’histoire est très présente, vous devez nécessairement en connaître l’essentiel si vous voulez comprendre le contexte culturel de l’île que vous voulez visiter.

1635: Les premiers colons français ont trouvé la colonie de Saint Pierre sous l’autorité de Pierre Belain d’Esnambuc. Une année plus tard, le décret le Louis XIII autorise l’introduction d’esclaves sur le territoire des Antilles françaises.

1645: Création du Conseil Souverain, doté d’autorité diverse, comme l’enregistrement des titres nobles des familles de l’îles. Le rôle du Conseil se développera avec le temps.

1648: Après la faillite de la Compagnie des Isles d’Amérique, les îles sont à vendre. La Martinique est achetée par Jacques Dyel du Parquet.

1664: Jean-Baptiste Colbert fonde la Compagnie des Indes occidentales et La France prend le contrôle des îles antillaises dont fait partie la Martinique.

1674: Une autre faillite mène au démantèlement de la Compagnie des Indes occidentales, mais l’exclusivité sur l’activité commerciale est maintenue.

Michel-Adrien de Ruiter, un un lieutenant-amiral hollandais attaque l’île, mais est rapidement battu. La victoire française ouvre des portes au développement de Fort de France.

1685: Le « code Noir » de Colbert organise les vies des esclaves en soixante articles.

1720: Gabriel de Clieu, le gouverneur de la Martinique introduit le café sur l’île.

1762-1814: Périodes successives de colonisation anglaise. Les conséquences extrêmement importantes et impliquent une une différenciation par rapport à de la Guadeloupe. Le plan social est maintenu et l’industrie du sucre continue son expansion.

1794: La convention aboli l’esclavage, mais la Martinique n’applique pas le décret conformément à la règle anglaise.

1802: Traité d’Amiens avec l’Angleterre, qui se retire des Antilles. Napoléon I rétablit l’esclavage.

1804: Couronnement de l’Impératrice Josephine de Beauharnais, originaire de Trois-Ilets (1763), épouse de Napoléon Bonaparte.

1807: L’Angleterre interdit le commerce des esclaves africain, mais le décret n’est pas adopté par la France, en guerre.

1812: Benjamin Delessert présente la betterave à Napoléon.

1815: Napoléon I interdit le commerce des esclaves africain au moment des Cent jours. Son successeur, Louis XVIII est obligé de maintenir le décret sous la pression anglaise. L’interdiction n’entrera vraiment en vigueur qu’en 1831.

1844-45: Premières usines de sucre, dites « central », l’industrie de canne à sucre est en fleur.

1848: Abolition d’esclavage (commémoré le 22 mai), selon le décret de Victor Schoelcher (1804 – 1893).

1851: La loi de juillet 1851 autorise la fondation de la Banque Coloniale (l’actuelle Banque des Antilles françaises, BDAF).

L’histoire moderne de la Martinique

1852-1870: Sous le Second Empire : les libertés sont limitées.

1853: Début de l’immigration indienne.

1863: Établissement d’une deuxième institution financière : le Crédit Foncier Colonial

1871: Sous la Troisième République : les Colonies sont représentées à l’Assemblée Nationale, la Chambre des représentants au Sénat. Une nouvelle vague de réformes sociales françaises est mise en place en Martinique (laïcité et enseignement gratuit). Les premiers indiens de Martinique1901: Marie-Samuel Joseph Lagrosillière, A.K.A « Lagro » fonde le Parti socialiste.

1902: Éruption du la Montagne Pelée, destruction de la ville de Saint Pierre, causant environ 27,000 pertes humaines. Les fonctions de capitale administrative, commerciales, financières et culturelles sont déplacées à Fort de France.

1905: Le début de la construction du canal de Panama attire plus de 5000 travailleurs martiniquais.

1913: Première guerre mondiale : les premiers conscrits partent pour le continent. La Martinique s’engage dans l’exportation massive pendant la guerre, jusqu’en 1922.

1928-1930: La banane joue un rôle plus important dans l’économie locale.

1929-1932: La montagne Pelée éclate de nouveau, mais cette fois la population est préparée à l’avance.

1939-1945: L’île est sous le régime Vichy de septembre 1939 à juillet 1943, personnifié par l’Amiral Georges Robert.

1946: La Martinique reçoit le statut de département français, représenté par quatre députés et deux sénateurs. Une année plus tard, Pierre Albert Trouille devient le premier préfet de l’île.

1951: Premier ouragan ayant comme nom « dog »

1958: En mars, création du PPM (Parti Progressiste de Martinique) sous direction d’Aime Césaire. Camille Petit fonde l’UNR (l’Union pour la Nouvelle République) la même année. Ce dernier parti changera son nom en 1971 pour devenir UDR (l’Union des Démocrates Républicains) et respectivement en 1976 avec le RPR (Rassemblement Pour la République).

1961: La création du BUMIDOM (Bureau pour le développement de l’immigration pour les départements d’outre-mer), une institution créée pour réguler l’émigration des DOM/TOM vers la France Métropolitaine.

1963: L’ouragan Edith sera un ouragan puissant causant la perte de 10 vies humaines et des dégâts matériaux considérables, suivi par Beulah quatre ans plus tard.

1971: Établissement d’une raffinerie de pétrole californienne.

1973: Alfred Marie-Jeanne, Lucien Veilleur, Marc Pulvar et Garcin Malsa ont fondé le mouvement « la Liberté guidant le Peuple »

1972-1974: La Martinique devient une région « monodépartementale ».

1978: Alfred Marie-Jeanne fonde le MIM (Mouvement pour la Martinique Indépendante)

1983: Établissement du Conseil Régional, dans le cadre de décentralisation, avec Aime Césaire comme son premier président. Ouverture officielle de l’Université d’Antilles-Guyane.

1986: Camille Darsieres succède à Aime Césaire à la présidence du Conseil Régional, suivi par Claude Lise six ans plus tard.

1994: La Martinique maintient sa politique de gauche. Le Conseil Régional est présidé par un Communiste et dominé par le PPM, tandis que le Conseil Général est présidé et dominé entièrement par le PPM.

1997: Des élections parlementaires nomment deux députés de droite (Anicet Turinet et Pierre Petit).

L’Europe et la Martinique

2004: Le 24ème préfet de la Martinique, Yves Dassonville remplace Michel Cadot (2000-2004) en février. Des pluies torrentielles ravagent l’île. L’agriculture subit des dégâts sévères. Le Ministre de l’Agriculture, Herve Gaymard offre une aide de 9 millions d’euros au profit de l’industrie de la banane en pleine crise. Les aides de Bruxelles représentent une somme de 17 millions d’euros, qui restent malheureusement très insuffisante pour relancer la situation critique de l’île.


2005: Référendum à propos de la Constitution européenne : la Martinique vote « oui » de 69 %, même si le taux de participation est assez faible avec un taux de 22 %. L’industrie de la canne à sucre est en hausse. Le tourisme du bateau de croisière est sur le déclin et la banane Antillaise est en pleine crise : la commission européenne accorde une aide de 110 millions d’euros pour aider l’industrie.